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Italie: Giorgia Meloni bat un record de longévité et lance sa campagne pour 2027
information fournie par AFP 04/09/2026 à 20:56
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La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni à Antibes, France, le 25 juin 2026 ( POOL / Manon Cruz )

La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni à Antibes, France, le 25 juin 2026 ( POOL / Manon Cruz )

Première femme à la tête du gouvernement italien, Giorgia Meloni a fêté vendredi un record de longévité à ce poste depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, renforçant sa "crédibilité" pour lancer sa campagne électorale pour les législatives de 2027.

"La stabilité est la première grande réforme offerte à la nation. Quand l'Italie s'assoit à une table, notre nation est prise au sérieux, elle peut dire non ou indiquer la route", a déclaré la dirigeante d'extrême droite dans la soirée devant ses partisans réunis dans le port de Bari, dans les Pouilles (sud).

"Grâce à la stabilité, nous avons protégé notre nation", a-t-elle ajouté.

"Les batailles que l'Italie perdait avant, elle les gagne aujourd'hui, ce sont des conquêtes que nous voulons laisser aux Italiens, quel que soit le vainqueur" des prochaines élections, a poursuivi Mme Meloni.

"Ils nous ont traité d'extrémistes pendant des années et puis ils nous ont copié", a ironisé la cheffe du gouvernement italien en évoquant les pays européens et la question de l'immigration.

Giorgia Meloni, 49 ans, dépasse ainsi Silvio Berlusconi sur la durée d'un seul gouvernement - mais avec quatre gouvernements le "Cavaliere" aura gouverné près de dix ans au total.

Pour l'occasion, des milliers de sympathisants sont arrivés vendredi à Bari, quadrillée par d'importantes forces de police.

Durée des gouvernements d'Italie depuis la Seconde guerre mondiale, montrant le record de longévité battu par le gouvernement de Giorgia Meloni le 4 septembre 2026 ( AFP / Paz PIZARRO )

Durée des gouvernements d'Italie depuis la Seconde guerre mondiale, montrant le record de longévité battu par le gouvernement de Giorgia Meloni le 4 septembre 2026 ( AFP / Paz PIZARRO )

Ils se sont tous retrouvés dans le port, dans une atmosphère bon enfant et de la musique, avec des stands offrant crêpes, sandwichs et les fameux "spaghetti all'assassina", spécialité locale très piquante.

"Le gouvernement Meloni a eu un parcours positif, il y a des résultats tangibles, et déjà le fait qu'il soit le plus long n'est pas rien", a déclaré à l'AFP Maurizio Cecconelli, un avocat de 61 ans venu du centre de l'Italie.

"Espérons qu'elle aura cinq ans de plus pour réussir à faire tout ce qu'elle voulait, ce sont des parcours assez long", a-t-il ajouté.

La stabilité vantée par FDI est cependant critiquée par des experts.

"La stabilité est un instrument, pas un objectif, l'objectif c'est la croissance et on ne l'a pas vue", a déclaré jeudi à la presse étrangère à Rome Veronica De Santis, professeure d'économie à l'université romaine Luiss.

L'experte critique l'absence de vision politique économique à long terme, alors que le produit intérieur brut du pays devrait croître de 0,6% en 2026, selon les prévisions du gouvernement.

La majorité ultra-conservatrice au pouvoir, regroupant FDI, la Ligue anti-migrants de Matteo Salvini et le parti conservateur Forza Italia (FI), a adopté environ 300 lois et décrets-lois, souvent par un vote de confiance, selon l'agence AGI.

Une majorité de ces lois concerne la sécurité, au sens large du terme, visant les immigrés, les passeurs, les criminels mineurs, les participants à des rave parties ou même les manifestants bloquant une route pour protester contre des licenciements, des sujets chers à son électorat de droite.

Réalisme ou immobilisme?

La Repubblica, de gauche, reconnaît que l'exécutif a réussi à stabiliser les comptes publics et à faire passer le spread, l'écart entre les taux d'intérêt allemand et italien, de 233 points à moins de 80.

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, s'exprime aux côtés du vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures, Matteo Salvini, à la Chambre des députés du Parlement italien, à Rome, le 9 avril 2026 ( AFP / Andreas SOLARO )

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, s'exprime aux côtés du vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures, Matteo Salvini, à la Chambre des députés du Parlement italien, à Rome, le 9 avril 2026 ( AFP / Andreas SOLARO )

La Stampa et le Corriere della Sera soulignent en revanche son soutien indéfectible à l'Ukraine, en dépit des réticences de son vice-Premier ministre Matteo Salvini, opposé à l'envoi de l'aide militaire à Kiev.

Néanmoins, Giorgia Meloni "devra dire comment elle pense utiliser ces derniers mois avant le vote", a déclaré jeudi Flavia Perina, éditorialiste du quotidien La Stampa, à la presse étrangère à Rome, alors que tous les observateurs parient sur des élections en avril 2027.

Dans le même cadre, Alessandra Sardoni, journaliste politique de la télévision La7, a critiqué "le réalisme de Giorgia Meloni (...) devenu un alibi pour l'immobilisme".

"Le gouvernement a donné une importance centrale à la communication et la communication s'est souvent substituée à l'action", a-t-elle ajouté.

Sergio De Nardo, avocat de 66 ans, n'est pas d'accord.

"Meloni a démontré, notamment au niveau international et européen, ses qualités. Elle a su s'imposer et nous a fait connaître. Elle a fait preuve de courage dans le différend avec l'Espagne au sujet de Ceuta", quand l'Italie a suspendu Schengen envers Madrid, a-t-il dit à l'AFP.

Un avis partagé par Salvatore Sinopoli, un ingénieur de 37 ans, qui estime qu'elle a "rétabli la position de l'Italie sur la scène internationale" et qu'elle pourrait très bien devenir présidente de la Commission européenne.

15 commentaires

  • 10:50

    Comme quoi la droite molle a la Meloni, ça fonctionne plus ou moins.


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